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Hypnose et Sophrologie : quelles différences et quelles complémentarités ?

Hypnose et Sophrologie sont souvent rapprochées, voire parfois confondues. Et pour cause : les deux approches utilisent la voix, l’attention, les sensations, l’imaginaire et les ressources de la personne accompagnée. Pourtant, leur manière d’intervenir et leurs objectifs diffèrent sur plusieurs points.

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Alors, quelles sont réellement les différences entre hypnose et sophrologie ? Comment chacune agit-elle ? Et pourquoi ces deux approches peuvent-elles être particulièrement complémentaires en accompagnement ?

En tant qu’ancienne formatrice en sophrologie, aujourd’hui praticienne et formatrice en Hypnose et PNL, j’ai pu expérimenter les spécificités de ces différentes approches, mais aussi tout l’intérêt de les associer en cabinet.

Sophrologie et hypnose : deux façons différentes d’accompagner

La sophrologie est une méthode structurée qui associe notamment respiration, détente corporelle et visualisations. Elle vise à développer la conscience de soi et, dans une utilisation quotidienne, à favoriser la régulation du système nerveux et l’installation de ressources que la personne pourra ensuite mobiliser de manière autonome.

Confiance, sécurité intérieure, capacité à prendre du recul ou à retrouver un état de calme peuvent ainsi être progressivement renforcées grâce à l’entraînement et à la répétition des exercices.

L’hypnose emprunte un autre chemin.

Grâce à un procédé de mise en transe, appelé induction hypnotique, elle modifie notamment la manière dont la personne porte son attention et peut permettre de mettre temporairement le mental analytique davantage au second plan. Le travail peut alors s’adresser plus directement aux processus inconscients impliqués dans certaines émotions, réactions ou comportements automatiques.

Cela ne signifie pas pour autant que la personne « perd le contrôle » ou cesse nécessairement de réfléchir. Selon les techniques utilisées, elle peut rester très active, parler, répondre au praticien ou observer ce qui se passe en elle. À d’autres moments, elle peut au contraire être invitée à moins solliciter son analyse et à laisser davantage le processus hypnotique se dérouler.

Contrairement à une idée reçue, il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’atteindre une transe très profonde : une transe légère peut parfaitement permettre un travail thérapeutique important.

Sophrologie : renforcer les ressources. Hypnose : pouvoir aussi travailler sur ce qui bloque

C’est probablement l’une des différences les plus intéressantes entre hypnose et sophrologie.

Lorsqu’une personne manque de sécurité ou de confiance, la sophrologie peut l’aider à développer et renforcer progressivement ces ressources. Mais il arrive qu’un mécanisme continue parallèlement à faire obstacle au changement : une peur, une expérience ancienne, une association émotionnelle, une croyance ou une réaction devenue automatique.

L’hypnose offre alors une possibilité supplémentaire : au-delà de renforcer ce qui permet d’avancer, elle permet aussi d’aller travailler sur ce qui empêche d’avancer.

Prenons l’exemple d’une personne souffrant d’une peur intense. Elle peut apprendre à respirer, à retrouver du calme et à renforcer son sentiment de sécurité. Ces ressources lui seront précieuses. Avec l’hypnose, il devient également possible de travailler sur les mécanismes inconscients qui déclenchent et entretiennent cette peur.

Dans certaines situations, la complémentarité entre hypnose et sophrologie peut ainsi permettre de faciliter ou d’accélérer l’atteinte d’un objectif, précisément parce que le praticien dispose de plusieurs niveaux d’intervention.

En hypnose, le client doit-il comprendre ce qui se passe ?

Pas nécessairement.

La pratique de l’hypnose apprend notamment au praticien à observer ce qui se produit chez son client et à utiliser différents phénomènes hypnotiques.

La communication peut même devenir corporelle grâce au signaling, qui utilise des réponses idéomotrices : un mouvement de doigt ou de main peut, par exemple, apparaître de manière involontaire en réponse à une suggestion ou à une question.

Le client n’a pas nécessairement besoin de tout analyser, de tout verbaliser, ni même de comprendre consciemment l’ensemble des processus mobilisés pendant la séance. Selon les techniques utilisées, il peut rester très actif et dialoguer avec le praticien ou, au contraire, être invité à laisser davantage le travail se dérouler sans solliciter son analyse.

Il arrive ainsi qu’après une séance, une personne constate que sa réaction face à une situation a changé sans pouvoir expliquer précisément « comment » elle a changé. Le changement n’a pas nécessairement besoin d’être entièrement compris et intellectualisé pour pouvoir être intégré.

C’est particulièrement intéressant lorsque la personne sait qu’il existe un blocage sans parvenir à l’expliquer, ou lorsque comprendre intellectuellement sa difficulté n’a pas suffi à la transformer.

Quelles problématiques peut-on accompagner avec l’hypnose ?

Phobies, schémas émotionnels, expériences anciennes, comportements automatiques, anxiété, confiance en soi, tabagisme… l’hypnose permet d’aborder de nombreuses problématiques dans lesquelles les processus inconscients occupent une place importante.

Pour un sophrologue, apprendre l’hypnose ouvre ainsi un champ d’intervention complémentaire. Il ne s’agit pas d’abandonner les outils qu’il maîtrise déjà, mais de disposer d’une autre manière de comprendre et d’accompagner certaines difficultés.

Et surtout, de pouvoir choisir son intervention en fonction de la personne et de ce qui se joue réellement pendant l’accompagnement.

Hypnose ou sophrologie : faut-il vraiment choisir ?

Pas nécessairement. Les deux approches peuvent au contraire se compléter.

On pourrait dire, en simplifiant, que la sophrologie travaille beaucoup sur la conscience, l’autonomie et le développement des ressources, tandis que l’hypnose permet notamment d’intervenir sur certains mécanismes inconscients qui entretiennent une difficulté.

Ainsi, un travail hypnotique sur une blessure émotionnelle pourra être réalisé avec le praticien pendant une séance. Des outils de sophrologie ou d’autohypnose pourront ensuite être proposés pour renforcer la sécurité intérieure et permettre à la personne de prolonger le travail de façon autonome.

Pour un sophrologue, apprendre l’hypnose ne revient donc pas simplement à ajouter quelques techniques supplémentaires à sa boîte à outils. C’est acquérir une autre lecture du fonctionnement de la personne et de nouvelles possibilités d’intervention lorsque renforcer les ressources ne suffit pas, à lui seul, à lever ce qui bloque.

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Aline Bartoli
Aline Bartoli

Fondatrice Sophrenzen