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Hypnose et Phobies : comment accompagner une peur qui échappe au raisonnement ?

« Je sais parfaitement que cette araignée ne va pas me tuer… mais je suis incapable de m’en approcher. » Cette phrase résume assez bien le paradoxe de la phobie. La personne peut avoir pleinement conscience du caractère excessif de sa peur et être pourtant incapable d’empêcher son corps de réagir : accélération du rythme cardiaque, tension, tremblements, sensation de panique ou besoin irrépressible de fuir. La raison sait. Mais la réaction se déclenche quand même. C’est précisément ce qui rend l’hypnose particulièrement intéressante dans l’accompagnement des phobies : plutôt que de chercher uniquement à convaincre rationnellement la personne qu’elle ne risque rien, elle permet de travailler sur les mécanismes automatiques associés à la peur.

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Hypnose et Phobies : comment accompagner une peur qui échappe au raisonnement ?

Peur ou phobie : quelle différence ?

Une phobie ne doit pas être confondue avec une simple peur. Avoir peur de prendre l’avion, appréhender une prise de sang ou être mal à l’aise face à une araignée ne signifie pas nécessairement être phobique.

Dans la phobie, la réaction est intense, automatique et disproportionnée par rapport au danger réel. L’objet ou la situation phobique provoque presque systématiquement une peur ou une anxiété immédiate et conduit généralement la personne à l’éviter ou à l’affronter au prix d’une détresse importante. La peur, l’anticipation ou l’évitement finissent alors par avoir de véritables répercussions sur sa vie quotidienne.

Source clinique : critères diagnostiques de la phobie spécifique, NCBI Bookshelf – DSM-5.

Chez certaines personnes, il n’est même pas nécessaire d’être confronté physiquement à l’objet redouté. L’anticipation suffit à déclencher la réaction. Penser à la situation, en voir une photographie ou savoir qu’elle risque de se produire peut déjà provoquer une forte montée d’angoisse. Chez certains clients, la charge émotionnelle est telle qu’ils éprouvent même des difficultés à prononcer le nom de l’objet de leur phobie.

Les stratégies d’évitement deviennent alors centrales. Une personne phobique de l’avion pourra organiser tous ses voyages en train ou en voiture. Une personne souffrant d’une phobie des aiguilles pourra repousser des examens médicaux. Une autre modifiera systématiquement son trajet pour éviter de croiser un chien.

Certaines personnes parviennent néanmoins à affronter la situation redoutée — prendre malgré tout l’avion, par exemple — mais en éprouvant une peur ou une anxiété très intense. Les critères cliniques prennent donc en compte aussi bien l’évitement que la situation endurée avec une détresse importante.

À court terme, éviter soulage. Mais ce soulagement peut participer au maintien du mécanisme : l’évitement devient lui-même une partie du fonctionnement de la phobie.

Pourquoi l’hypnose peut-elle être intéressante face à une phobie ?

Dire à une personne phobique « mais tu sais bien qu’il n’y a aucun danger » fonctionne rarement. Généralement, elle le sait déjà.

Le problème se situe précisément ailleurs : une réponse automatique s’est associée à un stimulus.

L’hypnose permet de mobiliser différemment l’attention, les perceptions, les sensations et l’imaginaire. Le praticien peut ainsi travailler sur la représentation du stimulus, la réaction émotionnelle qui lui est associée ou les automatismes qui se déclenchent.

L’objectif n’est donc pas simplement de détendre la personne lorsqu’elle pense à sa peur, mais de l’aider à modifier la réponse qui s’active automatiquement.

Selon les situations, le travail hypnotique pourra donc prendre des directions très différentes. C’est précisément pourquoi l’accompagnement d’une phobie ne peut pas toujours se résumer à l’application d’un protocole standard.

Toutes les phobies racontent-elles la même chose ?

Non. Et c’est précisément pourquoi appliquer systématiquement le même « protocole phobie » peut être réducteur.

Dans certains cas, la peur semble directement associée à une expérience antérieure : une personne mordue par un chien peut, par exemple, développer par la suite une peur intense des chiens.

Mais la situation peut être beaucoup moins évidente.

Une phobie peut parfois apparaître à un moment particulier de la vie et prendre une signification plus large pour la personne. Dans le cadre d’un accompagnement, il peut alors être intéressant d’explorer l’hypothèse qu’elle constitue le messager ou la métaphore d’une autre problématique rencontrée à cette période.

Une personne peut par exemple raconter : « Depuis que je suis enceinte, j’ai le vertige lorsque nous sommes en voiture et que je vois le vide. »

Dans une telle situation, intervenir uniquement sur la peur du vide pourrait passer à côté d’une partie de la problématique. Le contexte dans lequel la phobie est apparue prend alors toute son importance dans la compréhension de ce qui se joue pour cette personne.

Cela ne signifie évidemment pas que toute phobie possède une signification cachée. Mais cela rappelle qu’un symptôme ne peut pas toujours être compris indépendamment de la personne qui le présente et du contexte dans lequel il est apparu.

Une phobie peut-elle avoir une origine ancienne ?

Certaines personnes identifient précisément l’événement à partir duquel leur peur est apparue. D’autres n’en ont aucun souvenir particulier.

Lorsque cela est pertinent, l’hypnose permet également d’explorer des expériences antérieures associées à la réaction actuelle, notamment à travers certaines techniques de régression en âge.

L’objectif n’est cependant pas de partir systématiquement à la recherche de « l’événement responsable ». La mémoire étant reconstructive, une régression en âge ne peut pas être considérée comme un moyen d’accéder avec certitude à une vérité historique.

Le praticien peut en revanche travailler sur l’expérience subjective, les émotions, les représentations et les apprentissages qui émergent, puis accompagner la personne vers une réponse différente dans le présent.

Et parfois, il n’est tout simplement pas nécessaire de connaître consciemment l’origine d’une peur pour parvenir à modifier la réaction qui l’accompagne.

Accompagner une phobie : la technique ne suffit pas

Derrière une même manifestation — peur du vide, des chiens, de l’avion ou des espaces clos — peuvent donc se trouver des mécanismes très différents.

Comprendre la problématique dans sa globalité est donc essentiel avant de déterminer la manière de l’accompagner.

Le rôle du praticien n’est donc pas simplement d’ouvrir sa boîte à outils et d’en sortir « la technique pour les phobies ». Il doit être capable de comprendre ce qui se joue pour cette personne et de construire une stratégie adaptée.

Dans certaines situations, la phobie constitue la problématique centrale. Dans d’autres, elle peut être l’expression ou la porte d’entrée d’une difficulté différente.

C’est précisément là que se situe la différence entre connaître des techniques d’hypnose et savoir accompagner avec l’hypnose.

 

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Aline Bartoli
Aline Bartoli

Fondatrice Sophrenzen

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